So Cristvo: lcomuse d'un quartier

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    29-Sep-2016

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  • 236 A&ha Oumar Kotzar

    impts supplmentaires pour raliser ces muses. Les populations devraient pou- voir intervenir travers leurs associations, financirement ou par leur engagement physique dans des activits et travaux. Les associations traditionnelles seront trs mfiantes, peu rceptives et rticentes face ce genre de projets. I1 sagira alors dencourager la naissance de nouvelles associations avec le concours dmigrs nayant jamais rompu avec leur milieu. Les interventions extrieures devront tou- jours tre dlimites et prvues en accord avec U chaque territoire D et devraient se limiter la formation et lappui technique.

    Le financement des muses par les tats sahliens nous parat peu probable lheure actuelle si lon tient compte de la situation conomique, et les projets sociaux seront encore longtemps ajour- ns. I1 faudrait insrer les comuses dans le cadre des projets intgrs au niveau des tats et des organismes sous-rgionaux ou rgionaux et explorer les possibilits des comuses associatifs ou communau- taires.

    La perception que le Sahlien a de

    Itre humain, de la nature qui Ien- vironne, des ncessits de la lutte pour la survie correspond une vision eco- musale )> qui se veut une approche, une attitude : se connatre, se reconnatre, sassumer. Lexprience comusale par- ticipera ainsi au desserrement de ltau des fausses stratgies de dveloppement qui sont responsables des faillites en cours dans nos pays. Lcomuse, en tant que mode de participation et mode de ges- tion, sera une grande conqute dans le domaine de la culture et de la vie tout court. Comme toute conqute, elle ncessitera des sacrifices, une certaine abngation, du dsintressement, de lamour.

    Si cette premire tape ne devait pas voir le jour, cela signifierait pour lvolu- tion musale en Afrique, notamment au Sahel, une mobilisation moindre des populations pour la dfense de leur cul- ture, des dgts culturels accrus condui- sant lasservissement et une perte totale didentit culturelle. Finalement les che- mins du combat culturel se confondront plus que jamais avec ceux du combat pour la vie.

    Fernanda de Camargo e Almeida-Moro

    Ne Rio de Janeiro. e Bachelor of Arts >> dtudes et dhistoire des muses. e Master of Arts x et u Phi- losophy Doctor )> en archologie. Ancienne direc- trice gnrale des muses de 1tat de Rio de Janeiro et prsidente du Conseil pour la protection de lhritage culturel. Directrice de recherche et des programmes appliqus de Mouseion ; membre du Conseil scientifique du Muse dastronomie de Rio. Prsidente du Comit national brsilien de IICOM ; membre du Conseil excutifde IICOM et de la Commission des muses de lUnion interna- tionale des sciences anthropologiques et ethnogra- phiques.

    Travailler dans un quartier, utiliser toutes ses potentialits, donner conscience la communaut en lunissant directement lenvironnement naturel et culturel, cultiver ses traditions, faire fructifier ses racines, stimuler sa crativit, prserver lenvironnement global : voil le sens du projet que nous avons pour la premire fois tent de mettre excution vers 1968, Rio de Janeiro, dans le quartier de Santa Tereza.

    Le muse conceptueZ du quarter

    Un groupe de personnes enthousiasmes par lide (lancienne quipe Cepi 1) avait dcid de sortir dans les rues de ce quartier pittoresque, situ sur une hau- teur de Rio, o certains dentre nous habitaient et o dautres travaillaient. Nous navions aucune ide prconue.

    Tout ce que nous voulions, ctait prser- ver le quartier, le dcouvrir et accrotre ses potentialits. Nous avons dcouvert des lieux et des personnes, nous avons vcu intensment avec les premiers comme avec les secondes, nous nous sommes attachs favoriser leur dveloppement en utilisant les ateliers des artistes, les muses et dautres institutions comme points de rencontre et de cration et, sur- tout, le march du quartier comme foyer danimation ducative et culturellez.

    Lquipe sest toujours efforce dtre

    1. Noyau du futur Mouseion - Centre de recherche en musologie et en sciences de lhomme - , institution qui a entrepris divers programmes et projets de recherche et de ralisation dans le domaine de la musologie diffrente Rio de Janeiro.

    analys par Sven Lindquist dans G u dr du st?..

    2. Dans le sens qui devait tre ultrieurement

  • S0 Cnitvo : Lcomuse dun qzlartier 237

    quasi invisible, comme transparente ; elle animait, elle participait, mais sans inter- frer, sans chercher modifier en profon- deur les structures existantes.

    En 1970, nous avons prsent cette exprience si vivante de musologie active Georges Henri Rivire et Hugues de Varine qui nous ont apport un soutien sans rserve et nous ont invit participer plus activement aux travaux du Conseil international des muses (ICOM). A lpoque, nous avions donn notre projet le nom de Muse concep- tuel du quartier. Lespace du muse tait le quartier tout entier, avec ses partici- pants, sa vie, ses structures, ses memora- bilia. Le programme, qui prenait tou- jours plus dampleur, a t redfini chaque fois que cela tait ncessaire. Plus tard, vers 1971, nous nous sommes rendu compte, la Confrence gnrale de IICOM, qui se tenait Paris et Greno- ble, que ce mouvement de musologie ouverte, de musologie diffrente, plus participative, se dveloppait dans le monde entier et quil tait, dune cer- taine faon, li aux concepts du jeune mouvement comusologique3.

    So Cristvo, comase intgr

    Nous avons persvr dans cette voie et lorsque nous sommes a116 travailler So Cristvo, nous avons commenc plan- ter les semences dun nouveau projet de muse ouvert. Notre territoire? Le quar- tier de So Cristvo, un quartier magni- fique situ au nord de Rio. Lide de dpart pourrait sembler tre la mme, mais le quartier tant dune nature tota- lement diffrente, cela nous a amens

    dvelopper diverses facettes du projet. Nous pourrions mme dire que cest l que nous avons mis en place un projet relevant de ce que nous appelons Ico- musologie intgre.

    Cest en gnral So Cristvo que lenfant carioca4 tablit sa premire rela- tion profonde avec le concept dunivers, avec lenvironnement naturel, avec le pass. Cest l, quamen par ses parents, le petit enfant dcouvre ces choses fasci- nantes : limmense parc de la Quinta da Boa Vista, le vieux btiment et les collec- tions du Muse national, les coupoles argentes de lobservatoire national o la grande lunette permet de voir les toiles >>.

    Cest l encore quil dcouvre limmense march du Nordestes, aussi bruyant que haut en couleur, o lon peut apercevoir, entre des montagnes dobjets et de nourritures, des chanteurs et des conteurs dhistoires. On y trouve

    3 . Cest la conception de la vie communautaire associative que nous avons propose en 1968 avec le projet de Santa Tereza, et largement dveloppe partir de 1973 avec le projet du Muse des images de linconscient (voir

  • 238 Femanda de Camarco e ALmeida-Moro

    51 Dcouverte des jouets scientifiques dans le Parc So Cristvo.

    aussi de gigantesques f a v e h agglutines sur les pentes des collines, des glises qui ne dsemplissent pas, des coles de samba6 dont on entend la musique, des firmes commerciales - grandes, moyen- nes et petites - qui sallient de puissan- tes industries. Ce quartier, o, au temps de IEmpire7, ont rsid la famille imp- riale et la noblesse, est ensuite devenu un fief de la haute bourgeoisie, puis dune classe moyenne aise, tout en laissant affluer vers les collines une population moins favorise qui a form les favelas.

    Lorsque lancienne quipe Cepi sest mise travailler So Cristvo, il y a de cela quelques annes, elle croyait entre- prendre un programme comparable celui quelle avait mis en oeuvre Santa Tereza. Mais chaque quartier a sa propre ralit et appelle une rflexion, un pro- cessus de sensibilisation dsrents. Nous avons d pntrer dans le quartier, faire un travail pouss de prospection et danalyse, avant de nous atteler la rali- sation concrte de ce que nous consid- rons comme un comuse intgr.

    Finalement nous sommes arrivs la conclusion que la communaut ntait pas uniquement forme de ceux qui habitaient le quartier mais quil fallait aussi prendre en compte ceux qui y tra- vaillaient et par consquent lutilisaient et y vivaient du lever au coucher du soleil, ainsi que les habitus du march du Nordeste, muse anim du dimanche, o tous les habitants de Rio originaires du Nordeste se retrouvent pour passer cette journe.

  • So Cr&vo : /comuse &un quartier 239

    dienne du muselo. I1 fallait pour cela ouvrir entirement ltablissement aux visiteurs et les faire participer jusqu la routine quotidienne du personnel du muse. Nous nous sommes efforcs de dfinir un projet assez ouvert pour que nous puissions accepter la participation de la communaut telle quelle nous tait offerte et pour que la communaut puisse de son ct nous accepter. Nous ne pou- vions cacher la communaut les points faibles du muse et si, dune part, nous tentions de susciter une interaction collectivit-patrimoine, en considrant que cette dernire ntait pas seulement consommatrice mais aussi ressource pri- mordiale, nous dmontrions, de lautre, la ncessit dune quipe de spcialistes qualifis, qui serait galement participa- trice et consommatrice.

    Vivre de z e

    Le mythe du Muse du Primeiro Reinado, install dans le manoir de la marquise de Santos, la favorite de lempereur, a t balay : ce qui importait maintenant, ctait la dcouverte dune demeure incroyable, avec un immense potentiel de beaut et un intrieur rehauss de pein- tures et de sculptures. Tel que nous lavons interprt, ce manoir est devenu une maison abritant dsormais une acti- vit culturelle intense, daccs facile, o les personnages historiques sont intgrs avec simplicit la vie quotidienne.

    Lquipe avait, entre autres projets, celui damener la communaut du quar- tier utiliser lespace du muse pour ses propres activits de cration. Au dbut, les groupes de musiciens du quartier se

    produisaient au muse ; puis, un groupe de jeunes est venu y composer des airs et les rpter jusqu ce quun beau diman- che, se sentant prts, ils donnent un con- cert dans le kiosque de la place ct du march. Nous avons chang des visites avec les commerants du quartier, les employs des garages du voisinage, les lves des coles et les habitants desfave- las et nous en avons reu une aide. Nous avons russi nous procurer un autocar pour le transport des jeunes enfants du bidonville, qui venaient partager de faon intense la vie du quartier.

    Un jour, plus de cinquante enfants ont dbarqu lobservatoire national. Lautocar sest arrt ct du parc o les coupoles de lobservatoire se mlent dimmenses manguiers qui croulaient sous les fruits. Les enfants se sont prcipi- A la do des aliments qui ts, ont grimp aux arbres, en sont redes- cendus en se gavant de mangues ; certains

    52

    ont t transports Sur plus de 2000 kilomtres.

    responsables les regardaient avec stup- faction ; dautres essayaient de rtablir lordre ; pourtant les instructions taient de laisser faire. Ce jour-l, les enfants nont pas vu les toiles. Ils ont mang des mangues! Le lendemain, lautocar bond est revenu sous les manguiers avec de nouveaux amateurs. Ceux de la veille sont alls voir les toiles. Ceux qui venaient pour la premire fois ont mang des mangues. Le troisime jour, tous les enfants ont vu les toiles. Le principe du

    10. F. de Camargo e Almeida Moro, e0 museu como sistema de educaco nao formal )>, D. O. Bahia, 19 dcembre 1984.

    aLcomuse nest pas visit, il est vcu)> (selon une communication prsente lors du Sminaire doaxtepec, au Mexique, en 1984 : alcomuse de Haute-Beauce .).

    1 1. Comme le dit Pierre Mayrant :

    53 Projets de retour.. . valises la Feira do Nordeste.

  • 240 Fernanda de Carmargo e Almeida-Moro

    programme, ds le dbut, tait de ne pas nous opposer au cours des choses.

    Un autre jour, nous avons dcid damener au Primeiro Reinado des enfants qui ntaient jamais .sortis du bidonville. Nous avons donc fait dcou- vrir notre muse un premier groupe denfants. Leffet produit sur eux par le manoir aux murs peints fut inimagina- ble. Auparavant, la relation de ces enfants au rve passait par les allgories des coles de samba, qui, comme toutes les allgories, tendent la caricaturez. Leur relation aux scnes la fois no- classiques et tropicales peintes sur les murs13 et aux subtiles nuances de la lumire tamise des lieux fut telle quen observant ces petits visages, ces gestes expressifs, nous (les membres du person- nel), qui par obligation venions tous les jours dans ce muse, avons pu voir ce que cela signifie de dcouvrir quelque chose quon navait jamais imagin. Mais un des grands moments de la visite fut celui o les enfants se sont jets terre pour voir le plafond avec les dlicats reliefs de Ferret14 qui reprsentent le Panthon classique. Leur motion a t si forte quelle nous a gagns. Jai entendu un enfant qui disait un autre: le Wunderkabinet - le muse par excellence, le lieu o tous les enfants de Rio, quels que soient leurs croyances, leurs traditions et leur milieu

    social, ont dcouvert ce quest un bien culturel.

    Nous avons vu que la communaut participait activement et nous avons senti quil en serait toujours ainsi. Bien am- nag, ce vieux muse est devenu lun des rouages fondamentaux du dveloppe- ment de lensemble, ouvert sur le pr- sent, et mis au service dides neuves. Car ce qui compte, ce nest pas toujours le muse lui-mme, mais lart den tirer parti.

    Le parc et les maisons du quartier donnent la vision de lenvironnement, lobservatoire, celle de lunivers, le Muse national, celle du monde, le march du Nordeste, une sensation denchantement pour tous et de nostal- gie pour certains. Quant aux coles de samba, elles gnrent la joie. Le Muse du Primeiro Reinado tait indissociable de cet ensemble, car cest lui quil incombait de montrer que de la diversit de notre peuple est ne une certaine symbiose et dapporter certaines rponses travers son action danimation.

    Mais les collections et peintures des sal- les ne sauraient elles seules montrer lorigine de cette symbiose. Nous avons donc eu recours des expositions tempo- raires axes sur ltude de thmes dter- mins : Le curnavaL de Venise, Le got au temps de LEmpire, La route des Indes.

    Prolongeant les interrogations de la communaut, ces expositions avaient toutes comme thme fondamental le pro- cessus de lacculturation.

    Pour ce qui est du Carnaval de Venise, nos travaux ont port sur son origine et sur son volution. Nous avons recr, au muse, la Venise du X V I I I ~ sicle en pre- nant comme rfrence la ralit des coles de samba. Avec lexposition Le godt au temps de lEmpire, nous avons analys la maison elle-mme comme vhicule des acculturations que nous avons absorbes travers le mtissage et la formation du got de lpoque16.

    Le but de lexposition intitule Lu route des h d e s tait dillustrer la rencon- tre des races, des cultures qui nous ont forms, depuis larrive des Europens au Brsil et celle des autres populations qui ont suivi et de montrer comment nous percevons tout cela. Ralise la mme anne que les rihes et belles expositions sur les dcouvertes, organises Lisbonne sous lgide du Conseil de lEurope, notre ide, qui tait simple, procdait dune dmarche inverse17. Nous mon- trions notre vision de la question : lEurope dautrefois ; lAsie et la notion dInde en tant quEldorado; lInde de la

    route de la soie et lInde des pices; lAfrique et la ralit qui est la ntre ; ce que nous tions et ce que nous sommes devenus.

    Tout en prsentant une collection de sculptures, le muse avait transform une zone pour organiser un grand march aux pices. Ce march fut lun des lments qui nous aida attirer, pour la premire fois, les habitus de la foire du Nordeste. Cest peut-tre lui qui a vritablement dynamis lexposition. Nous avons gale- ment modifi la zone rserve aux exposi- tions permanentes du muse, et agenc les collections elles-mmes en fonction de lobjectif de lexposition.

    La communaut a t interpelle par lexposition, et cest peut-tre l la meil- leure raction que nous pouvions esprer. A travers ces interrogations, nous avons pu aborder, paralllement, la problma- tique du march de So Cristvo, lanalyser et la lier au programme. Con- trairement ce que beaucoup pensent, le march du Nordeste So Cristvo nest pas une le, un compartiment tanche au sein de la communaut ; nous y voyons un lieu dchange, engag dans un pro- cessus dintgration. Lexposition La route des Indes, avec son march, nous a permis dlargir le dialogue avec les habi- tus de la foire. Comme pendant notre travail sur les favelas, notre souci tait douvrir des aires de communication et non de modifier des structures.

    Chez certains amateurs, qui se fiaient leur premire impression et ne pous- saient pas plus loin lanalyse, on a pu observer une tendance ne voir dans le march de So Cristvo quun , dans Musesm, no 142, 1984, p. 92.

    14. Marc et Zphyrin Ferrez sont venus au

  • So Crastvo : Pco?nuse dun quartier 241

    foire aux chantillons. On se tromperait en imaginant que cest une transposition pure et simple du Nordeste. Non ... sil reprsente effectivement une premire tentative dinterprtation dune mlan- colie, dun besoin de se raccrocher sa propre nostalgie, de la prserver, cest aussi un lieu dchange et par lchange il permet non seulement dexister, mais aussi de possder, et cest ce niveau que les marchs, en liaison avec dautres structures, dveloppent leur communica- tion avec la communaut.

    Sur ce march en perptuelle muta- tion, o les cramiques et les vanneries du Nord ctoient les farines, les assaisonne- ments, les plats de toutes sortes, on voit passer des conteurs, des chanteurs, des groupes de personnes arrives depuis longtemps du Nordeste, dautres, qui en sont venues depuis peu, des habitants du quartier, de la ville, du pays. Certes, il y rgne un parfum de nostalgie car les gens du Nordeste y mlent le pass au rve et font de leur lointaine terre lEldorado irrel de leurs songes. Mais paralllement, de nouvelles ides surgissent; les nouvel- les terres inspirent de nouvelles amours, le march fait partie de la vie quotidienne du quartier. Cest travers lui que les coutumes des gens du Nordeste se propa- gent au sein de la communaut, dans un mouvement de flux et de reflux qui est la vie mme.

    Lenchantement de vivre et de partici-

    per nous a amens porter une attention toute particulisre lquipe de base qui appuyait nos efforts. Un des principaux cueils de laction communautaire est la tentation constante doutrepasser les limites de sa mission et souvent doccu- per, involontairement, le territoire des autreSIS. Le personnel du muse doit analyser, catalyser, tout en demeurant invisible, pour que le jour o nous devrons quitter la direction du muse, dautres puissent plus facilement pour- suivre notre action.

    Aujourdhui, la communaut mne dj seule de nombreuses activits. Pour dautres actions, chacune des institutions qui intervient encore semploie la dyna- miser. Lide dappeler notre projet Eco- muse intgr de So Cristvo corres- pond la conception dun espace vaste, sans limites dfinies, sans ingrence des pouvoirs publicsls. Cest un projet de participation de la communaut, sans rgles troites, o lon apprend que patri- moine, territoire et communaut sont et doivent tre jamais imbriqus.

    [Traduit du portugais]

    18. Nous nous itions particulierement proccups de cette question pour le Muse des images de linconscient. Voir Museum, vol. XXVIII, no 1, 1976.

    19. Citons de nouveau Ren Rivard, ibid. : 8 Le support gouvernemental nest pas toujours une condition sine qua non de la cration dun comuse. D

    Heimatmzcsezcm : m e bistoire ozcbfie Alfred0 Cruz-Ramrez Dans ce dernier article de a revue,

    lauteurjette u n regardsur un prcurseur N Mexico, 1956. F i t ses tudes en histoire de tomb dans oubli. Ilnous montre com- lart lUniversit de Paris-I. En 1981, entreprend ment les ides gui taient 2 la base de sa des recherches en musologie et sintresse aux pro- blmes de la programmation culturelle. A gale-

    cration et qui font partie dupatrimoine ment organis au Muse des enfants (paris. MAM, musoologique Ont est Orti le 1984) lexposition Fte des morts au ifexique. ment d6.f COmuJes fgrefzt perverties

    a$n de servir es buts ultranationaistes de lAllemagne nazie. I l vu suns dire que n i lauteur n i a rdaction n ont lintention dtubir une comparaison entre les co- muses actuels e t les Heimatmuseen de lpoque.

    I1 nest pas tonnant que dans la gnalo- gie des comuses on oublie souvent de parler dun parent proche, le Heimatmu-

    seum, le muse du terroir lorsquon sere- mmore lusage qui en a t fait par les idologues de lAllemagne nazie.

    Grce des tudes rcentes, on connat le rle assign aux arts dans la politique culturelle du troisime Reich et lintrt quelle a accord la formation des collections ; quant aux muses, dune part ils ont t assainis, cest-a-dire quon en a exclu lart >, et, dautre part, on y a introduit une pdagogie per- mettant dexalter les valeurs du rgime politique de lpoque.

    Paralllement linstitution musale

    1. Hildegard Brenner, La politique artistique du national-socialisme, p. 137- 147, Paris, Franois Maspero, 1980.